Ce que les études cliniques disent du magnésium et du sommeil
Cadre EFSA d'abord : aucune allégation santé n'autorise « magnésium pour dormir ». Les seules allégations validées (Règlement CE 432/2012) sont « contribue au fonctionnement normal du système nerveux » et « contribue à réduire la fatigue ». Tout l'intérêt sommeil repose donc sur ce socle indirect, plus la littérature clinique disponible.
La méta-analyse de Mah & Pitre (2021, *BMC Complementary Medicine and Therapies*, 3 essais randomisés, 151 personnes âgées insomniaques) rapporte un effet modeste sur la latence d'endormissement (-17 min en moyenne) et la durée totale de sommeil (+16 min). Les auteurs soulignent eux-mêmes une qualité de preuves faible et appellent à des essais plus larges. Doses étudiées : 320 à 500 mg de magnésium élément par jour, sur 7 à 8 semaines. Les preuves concernent principalement les seniors carencés ; chez l'adulte jeune sans carence, les données sont plus limitées.
Mécanisme documenté (physiologie, hors allégation) : le magnésium intervient comme cofacteur dans plusieurs voies (synthèse de mélatonine, régulation NMDA/GABA, modulation de l'axe HPA). Cela explique pourquoi corriger une carence peut indirectement améliorer la qualité du sommeil chez les sujets concernés.
Limite : l'effet est plus discret chez les personnes sans carence. Le magnésium ne remplace pas une prise en charge médicale en cas d'insomnie chronique, d'apnée du sommeil ou de syndrome des jambes sans repos (où il peut éventuellement être envisagé en complément, sur avis médical, en cas de carence martiale ou magnésienne associée).